vendredi 25 juillet 2008

A Chengdu, à vélo

Qui dit Chine, dit vélo.....j'ai donc investi dans un vélo volé au look ravageur, il a de faux airs du premier vélo de ma maman....il parait que plus il est moche, rouillé, vieux, moins on a de chances de se le faire revoler ; le mien remplit en grande partie ces caractéristiques.
Je suis restée deux jours piétone ici, avec l'angoisse de devenir cycliste, mais l'étendue de la ville a eu raison de mes frayeurs (je blague là, moi, peur?...JAMAIS!!!! non mais!!!)......prenant donc mon courage à deux mains et surtout à deux pédales, je me suis jetée dans le flot ininterrompu de la circulation sichuannaise avec en tête quelques règles à respecter....une en fait:

"faire semblant de n'avoir vu personne"


il faut donc s'accrocher au guidon, serrer les fesses et garder les yeux fixés au loin, très loin, droit devant pour que le chauffeur de taxi bougon, le pilote de scooter muet ou bien le fou du volant dans son Cheyenne pensent qu'on ne les a pas vu...il en est de la conduite à Chengdu comme de la chasse du grand gibier au Kenya: tout est affaire d'embuscade et de ruse....un grand chasseur serait sans doute un grand cycliste ici, et surtout un cycliste vivant.

Je suis assez fière de mon instinct de diane chasseresse jusqu'à présent et me surprend à deserrer parfois les fesses (heureusement, rien à voir avec la tourista...car de ce côté, malgrè la profusion de piments dans mon estomac, RAS).

Mise à part la conduite sportive de l'ensemble des usagers, pédaler est à Chengdu une activité agréable; tout d'abord parce que la ville est parsemée d'espaces verts, les rues bordées d'arbres, limite, je me croirai à Vichy. Ensuite, parce qu'ici, pas de scooters bruyants au pot destroy qui réveillerait un sourd à 15 bornes à la ronde: TOUS (ou quasi tous) sont électriques, un vrai bonheur (bien que ça renforce leurs qualités d'embuscade, on ne les entend pas arriver dans notre dos les coquins!!!).....il règne donc sur les « pistes » cyclables un silence reposant.....bon ok, sans compter sur les klaxons de toute machine roulante (voire marchante), ni sur les freins couinant de toute machine roulante (voire marchante), ni sur les coups de sifflets des gardiennes de prison, oups des charmantes dames de la sécurité civile qui font traverser les machines roulantes (voire marchantes).
Et enfin, Chengdu est plate (non, les gars, Chengdu n'est pas le prénom d'une charmante chinoise) et faire du vélo quand ça ne monte jamais...vraiment JAMAIS, c'est un vrai bonheur!!!!

Ah.....ça nous fait faire des économies aussi, le prix d'un vélo s'éléve comme en France à environ 15 voyages en taxi, soit.......15€......bon ok ok, je l'ai payé un peu cher le mien: 15,5€, mais c'est parce que la peinture est nickel, il n'y a de la rouille que sur les roues.....

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