vendredi 29 août 2008

La foule

Je vois bien que vous ne me croyez pas, que vous pensez que tous les Pékinois étaient dans les stades et que les touristes étrangers n'étaient en fait que de dangereux fanatiques, adorateurs du dieu Sport et par là-même se recueillaient dans le bruit et la fureur, à l'abri d'un confortable nid d'oiseau......et que du coup le reste de la ville était calme et déserte.....

Et bien vous n'avez pas tout à fait tort......mais pas entièrement....

Tout d'abord, les chinois n'ont pas forcément eu accès aux stades, les prix à l'occidental en ont arrêté quelques uns et les autorités ont arrêté bon nombre des autres non pas pour les mettre en prison, non, elles les ont simplement bloqués dans leurs provinces respectives pour que Pékin ne soit pas submergée....1 milliard de Chinois dans une même ville, ils ont beau être petits, ça fait désordre...et le désordre pas question pour le parti.

Quant aux étrangers, et bien, entre ceux qui étaient à Pékin, mais avec de fausses entrées pour les JO et ceux qui avaient de vraies entrées mais pas de visa, leur présence ne brillait pas au sein des installations flambant neuves de la capitale chinoise.

Ne parlons donc pas des étrangers ou des chinois assignés à résidence, mais des autres.....à quoi occupaient-ils leur temps libre?

Pour les occidentaux, visite des sites historiques, balade en taxi, shopping, balade en taxi, achat de bouteilles d'eau à 4 kwaïs!!!!!!!!! C'est 4 fois le prix de Chengdu, ça 4 Kwaïs!!!!!

Pour les chinois, visite des sites historiques, balade en taxi, shopping, balade en taxi, déshydratation (ils sont pas fous non plus!!!)....


Bref, entre les occidentaux casquettés et les Chinois à ombrelles, la ville était pleine par intermittence: foule à la Cité Interdite, au Temple du ciel, à la place Tian'anmen (c'était une grande manif touristique, pas autorisée mais tolérée, ouf), aux abords des i nstallations olympiques (plus de monde dehors que dedans, en fait), dans les hutongs (vieux quartiers typiques en briques grises) refaits (!!!), dans les shoppings centers (à bas le dollar! à bas le dollar!...ça c'est pour Bouchon, petite soeur de Marie, grande défendrice du pouvoir d'achat à la chinoise), dans les bars et boîtes, dans certaines parties des parcs........

Mais personne, dans les vrais vieux hutongs (en voix de disparition), dans les allées plus sauvages des parcs (ah enfin, le silence, les pratiquants de Taï chi, les amoureux sur les bancs publics...ah non pas ça, c'est pas la Chine...), dans les quartiers dépourvus d'intérêt touristique ou de shopping center (pas facile à trouver, c'est vrai).....


Il en résultait une ambiance un peu particulière; j'ai rencontré un Pékin qui avait passé quelques mois à se travestir devant le miroir international, et qui du coup n'était pas tout à fait Pékin, pas tout à fait la Chine......propre, bien rangé, aux trottoirs refaits, aux camarades volontaires à chaque coin de rue pour aider l'étranger à ne surtout pas se perdre (!)......un petit goût de reviens-y pour mieux cerner cette ville qui ne s'est pas dévoilée.


Une ville à mille lieues de l'ambiance de Chengdu avec ses trottoirs défoncés (bon, ok, il y a eu un séisme, mais tout de même), ses vieux immeubles carrelés aux couleurs grisonnantes, ses chinois cracheurs, ses taxis toujours pleins, ses commerces désordonnés, ses parcs bondés, même dans les allées les plus sauvages....


Dans l'article précédent vous avez eu un aperçu de Pékin sans humain, voici la version avec:





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