vendredi 30 janvier 2009

Chien de berger

Vous connaissez Panurge et ses moutons...cette fameuse histoire du personnage de Rabelais qui, jetant un mouton à la mer, entraîna tous les autres à faire de même..... vous avez constaté combien cette fable pouvait se rapporter aux êtres humains; l'exemple le plus courant étant celui du quidam levant la tête dans la rue avec des yeux surpris et tous les passants se mettant à faire la même chose en adoptant la même mimique sans savoir ce qui les étonne exactement....


Ici, le mouton (ou la poule, les deux animaux ont des instincts identiques quand il s'agit d'initiative collective) chinois réagit comme le mouton européen; voici quelques exemples:

  • le feu est rouge et pourtant un petit malin sur sa bicyclette, ou à pied, un peu pressé, se dit qu'il sera moins en retard s'il brave à lui seul la dizaine de voitures qui se dresse devant lui: et bien il ne sera pas seul, car les 99 chinois qui le suivent vont l'accompagner dans sa lutte contre la machine et ils vaincront, foutant malgré tout une belle pagaille dans la circulation
    • solution à la chinoise:
      • une dizaine de flics répartis de chaque côté de la rue, armés d'un cordon de sécurité pour maintenir la foule en délire sur son trottoir, sagement, en attendant que le feu passe au vert.

  • Aéroport, salle des bagages: sur un seul tapis se déversent les bagages des 4 vols qui viennent d'atterrir, alors que derrière, 3 autres tapis s'ennuient ferme. Bien évidemment, c'est le bazar; des centaines de chinois se bousculent, pardon, se grimpent dessus, jouent des coudes mais par contre ne ronchonnent pas (toute la différence avec le français, qui lui ronchonne, je le sais j'y étais et j'arrêtais pas de ronchonner). Tout à coup, le tapis stoppe.......stupeur......et bien personne ne se démonte, bien au contraire, puisqu'un huluberlu monte sur le tapis à la recherche de sa valisette, suivi d'une trentaine d'autres huluberlus. Je m'attendais tout à fait à les voir s'infiltrer dans le couloir secret d'où sortent les valise, mais non, tout de même, ils ont un certain sens de la retenue.
    • Solution chinoise
      • Aucune, à part remettre le tapis en marche....
Deux petits exemples pour le côté Panurge du chinois (qui n'a rien à envier au nôtre, j'en suis consciente), mais il ya aussi leur côté "rebelle" ou plutôt indocile dans les situations de la vie courante...

Restons dans le domaine de l'aéronautique, et plus précisément dans l'avion. Vous savez comme moi, qu'après l'atterrissage, les hôtesses nous demandent de rester tranquillement assis et de ne pas allumer nos portables pour des raisons de sécurité...et bien le chinois s'en tape de la sécurité, il se lève, à peine les roues posées au sol, et allume illico son portable pour prévenir son cousin garé sur la bande d'arrêt d'urgence de la voix d'accès à l'aéroport, qu'il est arrivé.

Les files.......j'entends les files d'attente.......elles existent comme partout ailleurs, enfin, en théorie, car en pratique, le chinois ignore ce qu'est la ligne droite, le chinois se faufile, le regard lointain, l'air de rien, et hop, il est devant vous......voire sur vous éventuellement, au cas où vous resteriez silencieux.......si un seul fait ça, bon ok, ce n'est pas trop le bazar, mais quand ils font tous ça, vous pouvez me dire qui au final est devant et qui est derrière?

Je passe sur les interdictions de fumer dans les ascenseurs et même dans les services publiques, avec leurs employés administratifs la clope au bec.

Dans nos alpages, avant l'arrivée des clôtures et des techniques d'ensilage, nos troupeaux ovins étaient contenus par des chiens de berger qui ramenaient à la vitesse grand V la brebis égarée. Difficile de placer aux fesses de l'homme qui s'égare une meute de chiens dressés.....ça ne se fait pas..... et puis vous allez me dire qu'on peut bien laisser quelques idiots regarder le ciel avec des yeux béats et naïfs.....certes!

Tout ce qui brille n'est pas d'or...

L'arrivée dans une nouvelle ville chinoise doit se situer de préférence la nuit.....car la nuit, toutes les villes chinoises brillent de mille feux, elles scintillent drapées de leurs plus beaux atours....

Canton, Macao et Hong Kong nous ont accueillies le soir....et nous nous sommes laissées séduire par leurs lumières.
Se promener sur les bords de la rivière des perles à Canton, avec les buildings se reflétant dans ses eaux sombres, fut un vrai bonheur...il s'en fallait peu pour qu'on s'imagine dans un autre lieu, tel la croisette à Cannes ou la promenade des anglais à Nice. D'autant que la période du nouvel an nous offrait un immense marché aux fleurs sur ses rives. Les yeux émerveillés, l'odorat flatté par les effluves des pistils tropicaux, seul notre estomac n'était pas à la fête; le chinois mange tôt, et passé les 21h il est difficile de trouver le bouiboui adéquat pour se remplir la panse.


Nous nous voyions déjà déménager de Chengdu à Canton....

Mais le lendemain nous offrit un réveil plus terre à terre: Canton est bien une ville chinoise, avec ses immeubles carrelés, ses tonnes de béton grisâtre, ses enseignes rouge et jaune tous les 3 cm, ses klaxons bruyants, ses ponts routiers interminables.....La rivière n'avait plus le même attrait que la veille, les fleurs avaient fui ses rives et nos souvenirs, et les rideaux de fer baissés du vieux marché alimentaire ne nous ont pas fait rêvé au vieux Canton. Ils s'étendaient pourtant dans l'ancienne ville, riche de petits immeubles biscornus aux toits encore couverts de tuiles parfois, souvent de tôles. Ils recouvraient les murs des ruelles minuscules où quelques commercants bravaient le mot d'ordre de fermeture pour alimenter les derniers habitants de la ville en ces temps de vacances obligées. Certains recoins de ce marché, dont nous n'avions aucun mal à imaginer le dynamisme en période normale, nous offraient les images que nous attendions: des stands de poissons peu ragôutants, deux bouchers (au sens propre et figuré, on ne fait rien à moitié ici) debout sur des carcasses de cochons, finissant leur travail d'équarisseurs, des chèvres pendues la tête en bas, les cornes coupées, la peau nue et blanche.... Dépitées, nous avons continué nos visites, plus culturelles....






jeudi 29 janvier 2009

Des rues désertes...

Je n'imaginais pas ça: des rues désertes à Chengdu......et bien la nouvelle année l'a fait!!!! Le buffle a renvoyé tous les petits chinois dans leur foyer, enfin, leur ville ou village d'origine . Conséquences: neuf boutiques sur dix sont fermées, rideau baissé; seules restent ouvertes les boutiques monomarques des centres villes et quelques bouibouis dont les propriétaires sont soit originaires de Chengdu, soit toute leur famille a disparu, ou bien ils n'ont pas l'argent pour rentrer chez eux.

Alors, ici, c'est plutôt reposant, une ville aux bruits urbains atténués, aux odeurs d'huile de sésame grillée raréfiée, aux trottoirs déserts, aux rues plus sécurisées par l'absence des milliers de cyclistes quotidiens; bien sûr quand on a pris soin de faire ses provisions avant.

Mais, quand on se dit qu'on profiterait bien de cette trève annuelle pour visiter de nouveaux coins de ce vaste pays, ce phénomène est moins avantageux, voire très handicapant. Le Lonely conseillait pourtant de ne pas nous rendre à Macao et HK, lors du festival de printemps (nouvel an chinois), à cause de la foule attendue en ces lieux pendant les "grandes vacances" (une semaine).

Programme de visite:
Canton, Macao et Hong-Kong....

  • Canton: on se faisait une joie de visiter le vieux marché de QingPing, réputé pour sa variété d'aliments réservés à la consommation: scorpions, chats, chiens, cafards......, vivants bien sûr.....alors imaginez la déception de voir les rideaux de fer tirés....quelques courageux nous ont donné à voir des dépiècements de chèvres et de quelques animaux marins impossibles à reconnaître dans leur état. Le marché de printemps était une maigre consolation, pourtant agréable: le long de la rivière, parfumé par les milliers de fleurs à vendre et coloré par les "girouettes" de tissu et plastique reproduisant fleurs, abeilles, coccinelles....
  • Macao: on imaginait se noyer dans la foule grisée par les jeux des casinos rococos de cette ancienne ville coloniale. Des casinos semi vides nous attendaient en fin de compte, loin de nous l'ambiance soit glauque soit paradisiaque selon l'endroit. Personne devant les machines à sous, les joueurs de pokers jouaient contre eux même et les dès résonnaient dans le silence ambiant.
  • Hong Kong: ville définitivement chinoise depuis 99, il nous a pourtant été impossible de trouver un resto chinois....ok, on n'y a pas mis du nôtre, vu qu'on le cherchait du côté de Soho, quartier à forte influence occidentale...mais tout de même....mexicain, italien, français, anlgais (???!!!et pourtant excellent), indien, pakistanais et même jordanien...mais aucun chinois.......
Retour à Chengdu, via à nouveau Canton, où cette fois après le jour de l'an, il n'y avait quasiment plus aucun endroit ouvert, je me suis attardée sur le chemin du bureau de Marie pour prendre quelques photos:





La rue derrière la maison, d'habitude si animée avec ses vendeurs de fruits et légumes, aujourd'hui, il n'y a qu'au bout de la ruelle un vendeur de CD

Pareil pour sa grande soeur juste à côté, en plus aucune voiture ne roule si ce n'est un taxi de temps en temps, quant aux vélos, inexistants.



Le hall des ascenseurs d'un immeuble de 32 étages à l'heure du retour de déjeuner, habituellement une cinquantaine de personnes se battent pour monter.

jeudi 15 janvier 2009

Oui, je sais...

Je sais qu'il y a un mois que je n'ai rien publié, et qu'il serait temps de nourrir vos bouches affamées, d'autant plus que je suis en vacances depuis ce matin (en vacances de chinois, mais pas vraiment de travail, que voulez-vous c'est plus fort que moi), et que lorsque je suis en vacances, je prends le temps de flâner et donc de trouver de nouvelles sources d'inspiration.....déjà que je ne suis absolument pas à jour pour vous raconter mes voyages, là je vais agrandir de façon exponentielle mon retard avec comme escapades prévues: re-Pékin, Canton-Hong-Kong et Macao, puis sans doute Xian, début février.
Là, il est tard (21:14...ben ouais, c'est tard), donc, je remets l'écriture à demain......peut-être, si mes révisions m'en laissent le temps...