vendredi 30 janvier 2009

Tout ce qui brille n'est pas d'or...

L'arrivée dans une nouvelle ville chinoise doit se situer de préférence la nuit.....car la nuit, toutes les villes chinoises brillent de mille feux, elles scintillent drapées de leurs plus beaux atours....

Canton, Macao et Hong Kong nous ont accueillies le soir....et nous nous sommes laissées séduire par leurs lumières.
Se promener sur les bords de la rivière des perles à Canton, avec les buildings se reflétant dans ses eaux sombres, fut un vrai bonheur...il s'en fallait peu pour qu'on s'imagine dans un autre lieu, tel la croisette à Cannes ou la promenade des anglais à Nice. D'autant que la période du nouvel an nous offrait un immense marché aux fleurs sur ses rives. Les yeux émerveillés, l'odorat flatté par les effluves des pistils tropicaux, seul notre estomac n'était pas à la fête; le chinois mange tôt, et passé les 21h il est difficile de trouver le bouiboui adéquat pour se remplir la panse.


Nous nous voyions déjà déménager de Chengdu à Canton....

Mais le lendemain nous offrit un réveil plus terre à terre: Canton est bien une ville chinoise, avec ses immeubles carrelés, ses tonnes de béton grisâtre, ses enseignes rouge et jaune tous les 3 cm, ses klaxons bruyants, ses ponts routiers interminables.....La rivière n'avait plus le même attrait que la veille, les fleurs avaient fui ses rives et nos souvenirs, et les rideaux de fer baissés du vieux marché alimentaire ne nous ont pas fait rêvé au vieux Canton. Ils s'étendaient pourtant dans l'ancienne ville, riche de petits immeubles biscornus aux toits encore couverts de tuiles parfois, souvent de tôles. Ils recouvraient les murs des ruelles minuscules où quelques commercants bravaient le mot d'ordre de fermeture pour alimenter les derniers habitants de la ville en ces temps de vacances obligées. Certains recoins de ce marché, dont nous n'avions aucun mal à imaginer le dynamisme en période normale, nous offraient les images que nous attendions: des stands de poissons peu ragôutants, deux bouchers (au sens propre et figuré, on ne fait rien à moitié ici) debout sur des carcasses de cochons, finissant leur travail d'équarisseurs, des chèvres pendues la tête en bas, les cornes coupées, la peau nue et blanche.... Dépitées, nous avons continué nos visites, plus culturelles....






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