mardi 31 mars 2009

Et ça continue

Dans la série "mes sites me font la gueule": Skype!!!
Il fonctionne pour les appels ordi-ordi (du moins jusqu'à hier soir) mais impossible de joindre un téléphone fixe....ou portable...tant qu'on y est....
Est-ce un contrôle "parental" exercé par papa camarade?
Ca ne m'étonnerait pas...mais je tiens à lui dire, si papa camarade m'écoute, ou me lit, plutôt, on sait jamais, que c'est fort désagréable cette histoire: j'aimerais bien causer à mes potes de temps en temps, histoire qu'ils me fassent marrer quand on m'embête à l'école.....
Oui, on m'embête.
Un pseudo "papa camarade" (américain, celui-là, comme quoi, le pays de la liberté n'est plus celui qu'on croit), s'est mis en tête de jouer notre maman...c'est assez risible, vu qu'on est deux ou trois dans la classe à avoir dix ans de plus que lui (oui, je sais je me fais vieille)....enfin, je crois, peut-être plus....bref, monsieur a pris le pouvoir à la suite d'un coup d'état, puisqu'il n'y a eu aucun vote pour son élection et le voilà auto-proclamé "chef de classe"....mais on n'en veut pas nous d'un chef de classe qui nous prend pour des gosses au jardin d'enfants....
Du coup, la révolte gronde dans les rangs du peuple opprimé.....de petits groupes de résistance s'organisent, au fur et à mesure que les injustices frappent....
Les abus de pouvoir pleuvent: sans aucun référendum, monsieur a décidé une pause à 9h15, après seulement 45 minutes de cours: ridicule!!!! Ma pause pipi en a été toute décalée: 9h15, c'est trop tôt pour ma vessie, et 10h15 (la prof a décalé la pause de 10 à 10h15, pour ne pas louper de précieuses minutes d'enseignement), limite trop tard....très limite.....heureusement qu'à mon âge, on sait retenir ses larmes (d'où quelles viennent): Monsieur Papa Camarade: je n'ai plus l'âge de faire pipi dans ma culotte, vous ne viendrez pas à bout de mes forces de cette sournoise manière!!!
Je passe sur ses intimidations quotidiennes, à base de cris de d'animaux (vache, pour être exacte), lorsque Monsieur Papa Camarade a compris l'exercice (à l'aide le plus souvent de son dictionnaire électronique), alors que nous on en est encore à planter les choux à la mode chinoise (l'agriculture est encore relativement peu industrialisée par ici, la recherche de vocabulaire se fait encore à la main, dans la plupart des exploitations, du moins dans la mienne)..... Et que dire encore de ses manifestations agressives envers les plus faibles: qu'il ne vous vienne pas l'idée d'arriver en retard, ou de louper des cours: il vous accuse de non solidarité envers la classe: c'est vrai ça, si vous êtes pas dans les rangs, l'armée est plus faible, et si vous arrivez en retard, le combat est fini.....euh....on parle d'un cours de chinois là?
Et les humiliations....que dire.....trop sans doute, je m'arrêterai donc là.....car j'ai besoin de toute ma nuit pour fomenter le complot et demain, dès l'aube, prendre place sur les barricades et sauver notre liberté contre l'impérialisme américain....(je n'ai plus qu'à chanter l'internationale pendant que j'y suis.....ouh la ma grand mère va se retourner dans sa tombe)....

A bas le tyran!!!!

Ca s'en va et ça revient.......tatatata

Et voilà Youtube est reparti..... peux même pas vous mettre en lien la chanson adéquate de Cloclo....si c'est pas malheureux tout de même.....

lundi 30 mars 2009

On n'est jamais mieux servi que par soi-même

Difficile de trouver des infos parfois sur les environs à visiter de notre petite lieu de villégiature.....on trouve les horaires de bus, certes, mais difficile de savoir ce que proposent les lieux simplement en ayant leur nom chinois...bien que ceux-ci révèlent parfois une partie du secret: Xinjiang (les nouvelles frontières...rien à voir avec l'agence de voyage).....
Sur les guides papier (routard, lonely et autres guides bleus, vert, jaune....), les infos n'existent que pour des sites importants....je comprends, la Chine est tellement vaste...mais c'est un peu comme si dans les guides sur la France on oubliait de mentionner Charroux, Salers, le Pic du midi de Bigorre ou Bidarray (ah Bidarray.....), bref....
Sur internet, on trouve parfois mieux sur les forums mais encore faut-il avoir les noms et déjà quelques infos.....au risque de se retrouver à faire 60 heures de bus pour se retrouver à l'autre bout du pays alors qu'on voulait juste passer un petit week-end pépère pas trop loin.
On a donc trouvé un début de solution dans la carte des sites des environs de Chengdu (jusqu'à 400 ou 500 bornes de Chengdu tout de même):
Non ce n'est pas un plan de metro.....ils urbanisent à donf mais faut pas pousser....
Pour la suite, le site de la gare sur les horaires et des blablas avec des chinois qui ne viennent pas de l'autre côté de leur monde et qui connaissent un peu leur vaste région (soit environ, à la louche 75% de la superficie française) afin de dénicher la perle rare du tourisme chinois.
Et la perle rare, c'est quoi? Et bien, c'est: si possible un joli site, oublié du touriste chinois: oublié car s'il ne l'est pas, on est assuré d'avoir une demi million de piétineurs à nos côtés....on a trouvé ce we, in extremis, pardon le we dernier avec nos pêchers en fleurs, alors qu'à 500 mètres, ils se battaient tous pour un verre de thé.
Prochaine étape.....le Yunnan (le sud des nuages, j'espère qu'il n'y en aura pas trop....quoiqu'ici, il n'y en a jamais: c'est soit blanc....soit blanc....bon parfois bleu clair, style peinture de cuisine 70's, du coup....mais ça fera l'occasion d'un autre article...le ciel de Chengdu) encore le Yunnan, je sais, mais vous ne vous rendez pas compte, c'est vraiment grand ici.....et à coup de deux jours par ci deux jours par là, on avance pas vite......on a repéré un peu à l'avance les chemins de traverse....en théorie, faites que la pratique soit elle aussi traversière et non traversée....

dimanche 29 mars 2009

Ayé c'est reviendu

You tube est réapparu sur nos écrans: les 50 ans de la libération des opprimés sont passés, à grands renforts de propagande sur l'action bienfaitrice, protectrice, fraternelle du "bureau"....ils ont sans doute profité de cette semaine pour faire un grand ménage et voir comment ils pouvaient s'y prendre pour contrôler encore un peu plus les images....
En France, on lutte contre la crise en relançant le bâtiment (car "quand le bâtiment va tout va"), ici, on relance l'espionnage, ça crée de l'emploi, donc de la consommation et en plus, le peuple ne peut pas se plaindre, puisqu'il n'a connaissance que de ce qu'on lui raconte et puis comme partout ailleurs, c'est son assiette qui l'intéresse, on peut pas lui en vouloir.....on est tous pareils: le ventre plein, le cerveau creux.

mercredi 25 mars 2009

La campagne enfin......

Après quelques mois de villes chinoises quasi ininterrompue, la sortie de samedi dans la campagne entourant Chengdu (environ 1 heure 20 de bus + taxi) m'a permis d'ouvrir à fond mes poumons, puisque bien sûr la polution est restée en ville.
Nous avons profité du retour du "soleil" pour aller admirer l'attraction du moment: les pêchers en fleurs: ni trop tôt, ni trop tard: juste à point.
Nous les avons un peu sacrifiés cependant à notre sérenité, puisque nous avons décidé d'éviter d'un prime abord la vallée où ils se trouvent tous réunis pour gambader joyeusement autour d'un lac de l'autre côté de la colline.
A part 4 ou 5 maisons de thé sur les rives, toutes collées les unes aux autres, prises d'assaut par les chengdunais en vadrouille, la promenade a été d'un calme olympien et tellement rassérénant....me permettant de prendre un premier contact avec les fermiers chinois et leurs petites bêtes....
Le retour par la route de la vallée aux pêchers ne méritait pas d'arrêt malgré la beauté du site: des milliers de chinois (peut-être même des millions) prenaient le soleil (façon de parler, puisqu'ils le fuient en général pour rester tout blancs, façon grand mère) dans d'innombrables maisons de thé aux allures de stands forrains avec leurs petits fanions multicolores.....

Rendez-vous photo sur Picassiette

mardi 24 mars 2009

Du signe au langage

Pour mes ami(e)s prof, mais aussi celles qui ont appris, et enseigne à présent, le langage des signes....une méthode d'enseignement du français a vu le jour, utilisant les gestes.....vous allez me dire il faut en plus du français apprendre les gestes....et bien oui, mais le fait de faire gesticuler les petits bouts (les enfants, je parle des enfants) les aide à priori à mémoriser la langue et rend l''apprentissage beaucoup plus spontané.....je peux témoigner: je n'utilise pas la même méthode bien sûr, puisque je parle un peu français depuis quelques temps déjà, mais pour apprendre le chinois, j'utilise ma propre méthode gesticulatoire: les mouvements de tête pour les tons (jolie balançoire), les grands gestes des bras et des jambes pour tout le reste.....quand on n'est pas doué....et bien on continue par parler avec les mains....voilà....

Redevenons sérieux: voici des liens pour vous permettre de découvrir cette méthode.

http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/enjeux/niveau2_4575.shtml#
http://www.aimlanguagelearning.com/

Anne, je pense à toi qui cherche à te recycler en FLE......et Nono et Angélique: les gestes ^pour les entendants, ce n'est pas un juste retour à un peu d'égalité?

lundi 23 mars 2009

Nouvelle star

Il y aurait un petit souci de lien, je résous le problème dès que je peux à nouveau ouvrir You tube (ils doivent être en train de faire le ménage ici).
Le problème ne vient pas du lien juste du gouvernement chinois qui a bloqué tout youtube....je suppose donc que de France et d'ailleurs vous avez accès à la vidéo. Et je mets en rouge parce que c'est pas bien de faire ça.....comment je fais pour travailler ma chanson....moi????

Petit défi du mois (de la semaine)....on ne le dit pas assez, mais un passage Karaoké peut s'avérer utile dans l'apprentissage d'une langue....après les Beatles me voici à l'assaut de la pop chinoise (non, n'y voyez aucun rapprochement musical.....), pour renforcer mon vocabulaire et surtout mon phrasé qui manque de fluidité et de clarté a priori pour ceux qui m'écoutent....

Premier pas dans l'univers musical: Kan guo lai de Ritchie Jen (看过来).




Alors, le but n'est pas de devenir star de la chanson, ni même de chanter juste: je précise pour ceux qui connaissent mon extraordinaire filet de voix......et ceux qui veulent s'amuser voici les paroles, en pinyin ....pour les traductions et les caractères, rv ici


Dui Mian De Nv Hai Kan Guo Lai (Ren Xian Qi)
Dui mian de nv hai kan guo lai
Kan guo lai Kan guo lai
Zhe li de biao yan hen jing cai
Qing bu yao jia zhuang bu li bu cai
Dui mian de nv hai kan guo lai
Kan guo lai Kan guo lai
Bu yao bei wo de yang zi xia huai
Qi shi wo hen ke ai
Ji mo nan hai de bei ai
Shuo chu lai Shei ming bai
Qiu qiu ni pao ge mei yan guo lai
Hong hong wo Dou wo le kai huai
(Hahaha... mei ren li wo, ha)
Wo zuo kan you kan shang kan xia kan
Yuan lai mei ge nv hai dou bu jian dan
Wo xiang le you xiang Wo cai le you cai
Nv hai men de xin shi ta zhen qi guai
Ji mo nan hai de cang ying pai
Zuo pai pai You pai pai
Wei she me hai shi mei ren lai ai
Wu ren wu jin Zhen wu nai
Dui mian de nv hai kan guo lai
Kan guo lai Kan guo lai
Ji mo nan hai qing dou chu kai
Xu yao ni gei wo yi dian ai
(Ai... suan le, hui jia ba)

For my classmates

You didn't believe me...so i have been trying to take a picture about that.....i found them in the south of Hong Kong, they are here specially for you......

You can check it: it wasn't a joke....

mercredi 18 mars 2009

Soirée bowling

Le Xinjiang fut décidément une destination pleine de surprises.....entre les sites non desservis par des routes, une destination chinoise aux allures de moyen orient et un véhicule qui avait plus des airs de boîtes de nuit que d'un moyen de locomotion (les airs au sens figuré...parce que le remix maison fait de 3 heures de boucles de quatre chansons différentes.....ne donnait pas forcément envie de danser mais plutôt de briser le poste en mille morceaux), nous avons trouvé le temps lors d'une soirée dans une ville dont je me suis empressée d'oublier le nom, de faire un bowling.....
Une grosse quille en plâtre nous en avait donné l'idée alors que nous errions à la recherche d'une quelconque activité, si possible culturelle; à défaut, la boule et ses amies les quilles feraient l'affaire...
Après avoir monté les quelques marches nous menant au saint graal, nous pénétrons dans la salle des trésors: trésors d'inattendus....
On est au Xinjiang, fin octobre, dans cette partie là, le soleil chauffe encore les journées jusqu'à tard le soir: nos pieds sont à l'aise, à poil dans nos tongues. Un regard sur les 18 paires de chaussures de bowling aux pointures alléatoires, un autre sur nos faces inquiètes...... ce n'est pas un champignon qui va nous faire peur, et le désir de boule est trop fort (!). Un 39 à ma gauche et un 37 à ma droite, me voilà parée pour la perdre.....
A qui l'honneur? Je crois que c'est Manu, seul garçon de l'assistance, qui va avoir la galanterie de tester la piste.....mais avant, laquelle choisir: nous avons l'embarras du choix, nous sommes seuls clients....enfin, l'embarras......une fois éliminée celle où se trouve un escabeau en plein milieu, et celle dont il manque le poste de "pilotage", nous nous installons sur la dernière....La boule de Manu, lancée à pleine vitesse, heurte difficilement les deux quilles extérieures à gauche: classique manque de pratique et peut-être d'échauffement....t'inquiète Manu, on fera pas mieux....
En effet, nos boules se perdent l'une après l'autre dans le caniveau....jusqu'à Marie et son juste compte rendu sur l'état de la piste:
"Mais quand je vous dis qu'elle penche!!!!"
Ben voyons, tu nous la fais à chaque fois celle-là!!!!
Nous persistons pourtant à ajuster nos tirs, lorque d'un coup tout s'emballe dans le cerveau fumant de l'ordinateur: il crédite les points à Marie et anéantit le score de Manu, puis refait le chemin inverse en oubliant quelques dizaines au passages et pour le coup quelques séries de tirs: du lancer 3, on se retrouve au 7.....Sur ce, l'appel au secours est inévitable, la petite Ouïghour vient en renfort, se met aux commandes et rétablit tant bien que mal le compteur tout en nous volant encore d'un lancer......un peu de ronchonnement et elle accepte à contre coeur de le remettre à zero: trop aimable.......
Mais les choses ne s'arrangent pas pour autant, non seulement, le compteur continue sa chevauchée sauvage, mais en plus les quilles se rebellent à leur tour.....elles refusent de se coucher (ça c'était un fait dès le début), mais elles refusent alors de se relever, le balai descend et soit remonte seul, soit ne remonte pas du tout......et quand il remonte, il nous fait la mauvaise blague de descendre au moment où on s'apprête à jeter notre boule, histoire de freiner notre élan et de nous demettre l'épaule...nous commençons à croire que ce bowling est hanté....nous en avons un début de confirmation, lorqu'Audrey, à la fin de sa course, l'oeil guerrier rivé à la piste, le souffle suspendu, le geste agressif, finit par jeter rageusement sa boule qui suit pour une fois une trajectoire raisonnable pour finir par mettre à terre trois quilles......mais le balai redescend des quilles ensanglantées...ou tout au moins dont la couleur a viré par l'opération du St Esprit (ou de fantôme) du blanc au rouge.....elle s'apprête à relancer, arrive à la fin de l'élan, le bras armé quand un bras tombe au-dessus des quilles......suivi heureusement de près par le corps d'un homme...heureusement vivant et a priori sain et sauf; laissant échapper un cri mais pas sa boule, Audrey se révèle incapable de continuer plus loin.....l'idée de blesser le réparateur, qui n'a pas l'air d'être gêné par la présence de joueurs sur son terrain, ne l'enchante guère....nous non plus, nous ne voulons pas forcément finir en prison pour assassinat à la boule de bowling....nous capitulons, tentons de nous faire rembourser......constatons que ce n'était pas simplement un bowling, mais aussi un cabaret spectacle: pas de remboursement si celui là ne vous plait pas...fallait réfléchir avant....nous récupérons nos tongues, et le temps de nous défaire des jolis souliers bicolores, la troisième piste privée d'ordinateur nous dévoile toutes ses qualités de la parfaite piste de bowling:

Le tourisme en Chine: un grand pas vers l'ouverture

Plus jeune, j'entendais, avec des yeux gourmands (oui, j'entends avec les yeux, et alors?), les voyageurs lointains me raconter leur périple en Chine sous haute surveillance. Affublés de chauffeurs, guides, parfois les deux en un, ils parcouraient ce qu'on leur laissait parcourir de l'immensité de la Chine.....avec quelques exceptions......qui perdurent dans certains recoins selon les périodes (je ne veux pas m'exposer à la censure, libre à vous de deviner). Récits véridiques ou enrobés de romantisme aventurier, qu'importe, ils me faisaient rêver, n'est-ce pas ce qu'un enfant demande....
J'ai grandi, un peu (pas de survitamine dans mes petits déjeuners), suffisamment, et la vie m'a donné la chance de faire ma petite expérience chinoise. Je ne vadrouille pas forcément autant que je le voudrais, je suis parfois déçue par certains lieux et leur manque d'authenticité, surprise encore par d'autres, pleins eux, d'authencité, en essayant de garder un oeil ouvert et critique sur ce qui se passe ici....et il se passe parfois de drôle de choses....
Notre voyage au Xinjiang nous en a réservé une belle qui restera sans doute un de nos souvenirs les plus burlesques.
La Chine s'ouvre aux touristes, comprenant la manne économique que cela représente. Elle s'invente même parfois des sites, ou bien enjolive un peu l'histoire: quid de Xi'an et de son armée de soldats qui est loin de faire consensus parmi les historiens......il en reste néanmoins que le pays regorge encore de richesses, malgré la Révolution Culturelle et l'engouement des chinois pour le neuf, même en matière de monuments historiques...oui je sais, c'est étrange: imaginez, les grottes de Lascaux en béton, recouverte de peinture au plomb.....Bref, le gouvernement rafraîchit tout ça peu à peu, détruit, reconstruit, rénove (oui, tout de même, parfois, ça arrive), et ouvre la porte de nombreux monuments exceptionnels....c'est un peu la suite de l'ouverture de la Chine à l'économie extérieure de 78 qui atteint depuis une quinzaine d'année le monde culturel et touristique:

Les portes s'ouvrent.

Premier geste des décisionnaires politiques en matière de tourisme, ouvrir les portes au sens figuré, et construire de grands arcs au sens propre devant les monuments, avec tout le confort nécessaire à l'accueil des visiteurs: guichets, WC, salles d'expo, guichets, restaurants, WC pour handicapés (ou occidentaux, car ce sont ceux qui ne sont pas à la turque), guichets.....Ces imposantes constructions gâchent parfois le plaisir et la perspective, mais qu'importe, il est toujours agréable de poser ses fesses dans un endroit sécurisé (qui dit sécurisé, dit un endroit qui répond au seuil de tolérance des narines Laowai [=blancs]).
Mais encore faut-il y parvenir.......

Et oui, car la construction de bâtiments et de places gigantesques n'a jamais été un problème pour la civilisation chinoise, par contre, celle des voies d'accès: si!
Le Xinjiang nous a donné l'occasion de vérifier par nous-même cet ordre des priorités, quelque peu inhabituel. Ce n'est déjà pas une région très riche en monuments: peuplée jusque récemment par des nomades, les villes ne bénéficient que de pâles mosquées, de vieux quartiers au style arabe envoûtants, et par-ci par-là, de ruines éparses.....Obligés de parcourir des centaines de kilomètres en camionnette pour relier ces points éloignés de déjà nombreux centimètres sur une carte, nous sentions l'égarement proche, lorsqu'il nous a fallu tester nos cervicales sur une bonne centaine de kilomètres de "route" qui était en fait un lit asséché de rivière (à l'échelle de la Chine, donc, appelons cela un fleuve; quant à l'asséchement, il pouvait paraître momentané, donc inquiétant). Ceci pour rejoindre un site exceptionnel: une tour moyennageuse, conservée selon nos sources en bon état, c'est à dire encore debout et non retouchée par les engins de construction modernes. L'excitation d'une telle vision s'estompait à mesure que les craquements de nos colonnes se faisaient de moins en moins discrets. Un poids lourd croisé ça et là nous rassurait sur la faible potentialité d'une montée des eaux, et les souvenirs des "routes nationales" serbes conseillées par mon père à ma conductrice de mère, faisaient se dessiner un sourire sur mes lèvres: aucun doute, le clou de notre voyage nous attendait là, à l'embouchure du "fleuve".
En effet, au détour d'un virage, à 11h00, nous appercevons le clou, ou plutôt, bien qu'y ressemblant fortement à la distance où nous nous trouvions, notre tour, perchée sur les rives surélevées de notre route. Sa vue nous rendit l'appétit et la curiosité de voir cette construstion si différente de plus près. Mais à la surprise générale, notre chauffeur stoppe......pause pipi? là au milieu de rien, avec le vent qui risque de nous décoiffer?......non, non, nous comprenons que nous ne la verrons pas de plus près, cette fameuse tour....mais pourquoi dons?.....point de route pour y accéder.....en effet, difficile de demander à notre mini van de remonter les falaises (minis, certes, mais, une bonne vingtaine de mètres à pic, tout de même).....petite photo, histoire de.....et on remonte en voiture, espérant ne pas avoir à faire en sens inverse un chemin qui nous avait menés très près de nulle part. A notre grand soulagement, le chauffeur continue son périple fluvial et rejoint quelques petits kilomètres plus loin, le niveau d'une route "avec du goudron dessus", et c'est alors qu'à notre stupéfaction, nous voyons à notre gauche (à 9h00 pour être précis), un immense arc qui semble être l'entrée du site (avec certainement guichets, WC, restaurants, reguichets....) où trône notre "clou", bien planté au milieu de rien, d'autant mieux planté, qu'aucune route n'accède à cette magnifique porte flambant neuve (mais peut-être pas si neuve que cela: impossible à vérifier).
Tout est prêt pour recevoir le tourisme dépensier, encore faudrait-il qu'il puisse arriver au terme de son périple.

L'ouverture, le pas vers l'ouverture, mais parfois il faudrait une enjambée.....

Oui je sais on a trouvé le moyen de louper les photos.

lundi 16 mars 2009

Entraînement à la torture

Où ailleurs qu'en Chine, pays qui a, au travers des différentes dynasties et guerres, exploité son goût pour la torture, aurais-je pu m'initier à cette pratique humaine ancestrale?
En France me direz-vous, certes, très jeune déjà, je prenais plaisir, comme tout un chacun, au découpage méticuleux des mouches vivantes; mais j'ai décidé cette fois de me poser de l'autre côté du couperet, histoire d'anticiper sur des évènements malheureux à venir......car oui, c'est fortement prévisible (optimiste, moi?...jamais), nous n'échaperons pas à une troisième guerre mondiale...moi peut-être, les générations futures certainement pas.......ainsi, un stage de découverte s'imposait logiquement à mon planning de cet après midi.
Je n'ai pas eu longtemps à chercher, à côté de ma petite marchande de légumes (dont je comprend enfin le "bon après midi", après 4 mois d'essais infructueux), se trouve un maître parmi les maîtres.
Difficile de prime abord d'identifier sa spécialité: d'extérieur, on devine à peine qu'il agit sur les corps humains et pourtant sa porte est grande ouverte (quand je dis grande ouverte, c'est à la mode chinoise: deux portes vitrées jamais fermée, hiver comme été, avec des températures allant de 5 à 30°; par un taux d'humidité d'au moins 70%, le 5° vaut bien par là un -15° en auvergne). C'est en pénétrant dans son antre qu'on le soupçonne de sorcellerie: un petit vieux au corps déformé (il a les fesses au milieu du dos, d'après ce que j'ai pu observé....sans doute des suites de son dur apprentissage dans l'art de la torture), au visage difficilement identifiable (humain, certes, chinois, rien n'est moins sûr, et pourtant il parle bien sichuanais: je ne comprends rien, c'est une preuve), et aux gestes méticuleux de celui qui réitère jour après jour cette effroyable technique.
Je peux dire "cette" en effet, car après quelques minutes d'attente, la séance découverte qu'il me proposait (formule 30 kuais tout compris, au moins, ce n'est pas ruineux) me confortait dans l'idée que chaque maître de torture en Chine, et, sans doute ailleurs de même, avait une spécialité propre.
Ce maître-là, qui avait l'avantage non négligeable de se trouver quasiment à ma porte (très important de ne pas avoir une longue route à parcourir pour rentrer, exténué chez soi), travaillait en parfaite adéquation avec ce noble élément qu'est le feu.
Quelque peu inquiète mais trop fière pour faire demi tour, je m'installai donc sur le siège de torture laqué, ma foi, pas si inconfortable que ça, livrant ma peau fragile et jusqu'ici préservée de toute agression, à ses mains expertes.......à ses mains expertes mais surtout à l'action dévorante de deux gros bâtons aux braises rougissantes. Deux bâtons qui n'avaient attiré mon attention tout d'abord, que parce qu'ils ressemblaient à deux gros crayons blancs inoffensifs, presque rassurants, tant ils me rappelaient ces gros stylos qu'on pouvait acheter dans les bazars ou fêtes forraines, lors de mon enfance. Ils semblaient faits de papier à l'extérieur et de je ne sais quelles herbes à l'intérieur, inflammables au plus haut point (non, je vous vois venir, cela ne ressemblait pas à des joints géants)......
Installé hors de ma vue, c'est-à-dire dans mon dos, j'oubliai presque sa présence lorsque je sentis s'approcher de mes épaules dénudées une chaleur de plus en plus intense.....l'instant était grave........un frisson parcourut tout mon corps alors que ma peau s'enflammait peu à peu: la torture commençait....
La chaleur ressentie fût un court instant agréable, puis vira très rapidement au cauchemar. Je commençais à regretter cette lubie de vouloir entraîner à tout prix mon corps ainsi, dans la perspective d'une potentielle guerre qui n'arrivera jamais.......je n'avais plus le choix cependant, la machine était lancée, je ne pouvais plus faire marche arrière....il fallait assumer et garder la tête haute quoiqu'il arrive......ma volonté faiblissait chaque fois que la sensation d'avoir un fer à repasser collé à mon épiderme venait mordre ma chair, je ne pouvais retenir un grognement de douleur qui faisait reculer un instant les mains cruelles de mon bourreau pour revenir de plus belle à l'attaque fixant comme cible un périmètre éloigné de trois centimètres de l'endroit qu'il avait déjà marqué au fer rouge......la séance ne dura heureusement que quelques minutes, qui me semblèrent néanmoins des heures....je résistai et n'avouai rien, si ce n'est que la veille, je m'étais acharnée à essayer de battre Manu au badmington et que je m'étais sans doute déplacé quelque chose au niveau des cervicales et qu'au lieu de me faire cuire, il ferait bien de laisser tomber ses instruments de torture et de me remettre tout ça d'aplomb avec ses petits doigts de fée médicale chinoise s'il voulait que je lui donne ses trente kuais avant de m'évanouir.....

lundi 9 mars 2009

Article de flemmarde

Le mois de février n'a pas été très faste du côté de Chengdu star, malgrè de longues "vacances".....je dois reprendre le rythme...doucettement, car mon chinois l'emporte sur mes priorités (enfin pas sur toutes quand même, je mange aussi), surtout que ce trimestre est marqué par l'arrivée de nouveaux étudiants forts doués...la concurrence va être dure.....
Du coup pour me détendre dans ce long apprentissage de la langue, j'écoute en faisant mes lignes de caractères quelques petites choses bien de chez nous:

Bombes 2 bal pour le soleil dans leurs chansons et le ciel bleu dans leur accent, Buddha sait qu'ici, on les cherche où on peut ces deux-là. (en concert à Commentry en juillet, pas d'hésitation, c'est toujours un excellent moment à passer avec elles)
Les Ogres de Barback (à écouter plus particulièrement leur partage de la chanson Lily avec Pierre Perret cette chanson met toujours autant mes nerfs à vifs et les larmes aux yeux)
Et tout ou presque de Pierre Perret, pour ne rien oublier de l'humour des jolis mots.

J'oubliais dans la série les poils qui se dressent: un peu de Renaud bien revu , quelque chose de pas bien jeune, et puis notre petit hymne à nous qu'on s'escrime à chanter faux (surtout moi), au grand damne de Nadine et Claude.